Ça fait maintenant quelques temps que j’ai envie de vous faire un fil sur la santé mentale et mon expérience récente.
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Ma toubib, que j’adore, n’a pas été excellente sur ce coup là, je le déplore.
Elle m’a dit, et c’est assez juste, que mes batteries étaient vides, et que la situation ne s’améliorerait pas tant que je n’aurais pas trouvé comment les recharger.
Moi j’ai dit que déjà j’étais bien content d’identifier les éléments qui ne me les vidaient pas trop vite. Elle n’a pas su trop me conseiller plus.Elle a terminé en disant que peut-être, si j’avais les moyens, je pouvais voir à faire un parcours diagnostique neuropsy… mais qu’elle était pas sûre de ce que ça apporterait.
J’étais un peu sceptique. J’ai vaguement cherché, mais sans conviction, et là ma psychologue a été d’une vraie aide.
Elle m’a fait venir à la conclusion qu’avant de tenter un diagnostique neuro-psy que je ne cherche pas particulièrement, consulter un·e psychiatre pour qu’un·e spécialiste prenne en compte mes symptômes, et puisse établir un diagnostique plus global serait utile.
Il m’a fallu trouver un·e psychiatre. Et j’ai trouvé. Premier rdv en visio. J’avais préparé un petit laïus que je lui ai posé. Elle m’a écouté. M’a interrogé. Sur deux rendez-vous.
Elle m’a expliqué que cliniquement elle avait des éléments qui l’interrogeaient du domaine des neuro-divergences, et que avant de s’intéresser à la dépression et l’anxiété elles-même c’était important de débrouiller ça car l’approche thérapeutique était pas la même.
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Il m’a fallu trouver un·e psychiatre. Et j’ai trouvé. Premier rdv en visio. J’avais préparé un petit laïus que je lui ai posé. Elle m’a écouté. M’a interrogé. Sur deux rendez-vous.
Elle m’a expliqué que cliniquement elle avait des éléments qui l’interrogeaient du domaine des neuro-divergences, et que avant de s’intéresser à la dépression et l’anxiété elles-même c’était important de débrouiller ça car l’approche thérapeutique était pas la même.
Sur la base de tests de pré-diagnostique et des éléments cliniques, elle a décidé de poser un diagnostique de TSA. Elle soupçonne fortement un TDAH, mais préfère ne pas se prononcer de façon définitive. Elle m’a expliqué que j’avais un syndrôme anxieux généralisé. Mais qu’il était secondaire au TSA. Et que probablement j’avais une dépression de long cours qui trainait, qui était liée à l’état d’anxiété. Elle a vraiment pris aussi en compte mes problèmes liés à l’alimentation.
Elle m’a dit que pour le TDAH, si c’était important pour moi elle pourrait me recommander à un·e collègue neuro-psy, mais que en l’état, quand c’était possible, elle tentait de ne pas prescrire de stimulant, à l’exception des enfants et ados pour sauver leur scolarité. Et que donc d’un point de vue thérapeutique, le diagnostique précis ne changerait rien.
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Sur la base de tests de pré-diagnostique et des éléments cliniques, elle a décidé de poser un diagnostique de TSA. Elle soupçonne fortement un TDAH, mais préfère ne pas se prononcer de façon définitive. Elle m’a expliqué que j’avais un syndrôme anxieux généralisé. Mais qu’il était secondaire au TSA. Et que probablement j’avais une dépression de long cours qui trainait, qui était liée à l’état d’anxiété. Elle a vraiment pris aussi en compte mes problèmes liés à l’alimentation.
Elle m’a dit que pour le TDAH, si c’était important pour moi elle pourrait me recommander à un·e collègue neuro-psy, mais que en l’état, quand c’était possible, elle tentait de ne pas prescrire de stimulant, à l’exception des enfants et ados pour sauver leur scolarité. Et que donc d’un point de vue thérapeutique, le diagnostique précis ne changerait rien.
Elle m’a proposé deux choses.
La première c’est de me prescrire de la fluoxétine pour :
- son léger effet stimulant
- son effet anxiolitique
- son effet anti-dépresseur
- son effet sur les impulsions alimentaires.
La seconde, c’est d’entamer une psychothérapie TCC avec une psychologue spécialisée dans les TSA. Pour cette seconde, il m’a fallu du temps pour être capable de me projeter, car j’étais encore dans un moment où je me sentais vide de toute ressource en moi.
- son léger effet stimulant
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Elle m’a proposé deux choses.
La première c’est de me prescrire de la fluoxétine pour :
- son léger effet stimulant
- son effet anxiolitique
- son effet anti-dépresseur
- son effet sur les impulsions alimentaires.
La seconde, c’est d’entamer une psychothérapie TCC avec une psychologue spécialisée dans les TSA. Pour cette seconde, il m’a fallu du temps pour être capable de me projeter, car j’étais encore dans un moment où je me sentais vide de toute ressource en moi.
J’ai commencé le traitement. C’est long à se mettre en place, c’est l’ISRS à la plus longue demi-vie si je ne m’abuse. Mais petit à petit des choses ont bougé.
J’ai commencé à sentir que je me reposais. Que mes batteries se rechargeaient. Les crash ont disparu. J’ai commencé à réussir de nouveau à gérer sans effort ni ennui les tâches domestiques. À sentir des moments de légerté. Le bruit interne a diminué. Le brouillard qui m’entourait que je voyais sans cesse devant mes yeux à commencé à se lever par moment.
- son léger effet stimulant
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J’ai commencé le traitement. C’est long à se mettre en place, c’est l’ISRS à la plus longue demi-vie si je ne m’abuse. Mais petit à petit des choses ont bougé.
J’ai commencé à sentir que je me reposais. Que mes batteries se rechargeaient. Les crash ont disparu. J’ai commencé à réussir de nouveau à gérer sans effort ni ennui les tâches domestiques. À sentir des moments de légerté. Le bruit interne a diminué. Le brouillard qui m’entourait que je voyais sans cesse devant mes yeux à commencé à se lever par moment.
Et… le plus flagrant, le plus surprenant, le plus inattendu pour moi (probablement pas pour ma psychiatre). Mes impulsions alimentaires ont disparu. Je n’avais plus envie sans cesse de nourriture réconfortante. Je n’ai plus eu besoin de manger sans m’arrêter quand un plat me plaisait pour perpétuer la sensation. Mes portions se sont normalisées.
Sans effort.
Sans restriction.
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Et… le plus flagrant, le plus surprenant, le plus inattendu pour moi (probablement pas pour ma psychiatre). Mes impulsions alimentaires ont disparu. Je n’avais plus envie sans cesse de nourriture réconfortante. Je n’ai plus eu besoin de manger sans m’arrêter quand un plat me plaisait pour perpétuer la sensation. Mes portions se sont normalisées.
Sans effort.
Sans restriction.
Ce n’était pas plus une réussite là que un échec avant. Juste quelque chose a changé en moi.
Ça me fait réaliser que je me suis battu avec les mauvaises armes pendant des années.Moi j’avais très bien intégré tout le narratif grossophobe culpabilisant du fait que c’était que je manquais de volonté.
e savais que c’était pas vrai, mais je n’avais pas réalisé que c’était tellement en dehors du champ de la volonté que la seule façon d’agir dessus était absolument pas lié au comportement alimentaire ou à l’hygiène de vie.
Je me suis senti comme les gens qui réalisent que tout le monde n’a pas un narrateur intérieur, ou que tout le monde ne voit pas des couleurs associées aux nombres.
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Ce n’était pas plus une réussite là que un échec avant. Juste quelque chose a changé en moi.
Ça me fait réaliser que je me suis battu avec les mauvaises armes pendant des années.Moi j’avais très bien intégré tout le narratif grossophobe culpabilisant du fait que c’était que je manquais de volonté.
e savais que c’était pas vrai, mais je n’avais pas réalisé que c’était tellement en dehors du champ de la volonté que la seule façon d’agir dessus était absolument pas lié au comportement alimentaire ou à l’hygiène de vie.
Je me suis senti comme les gens qui réalisent que tout le monde n’a pas un narrateur intérieur, ou que tout le monde ne voit pas des couleurs associées aux nombres.
Et évidemment, du coup, après déjà 1 mois et demi de traitement, et donc un mois à manger sans effort des portions adaptées à un adulte, je sens que j’ai perdu du volume et du poids. Je me tiens loin de la balance que je rejette toujours, mais je sens bien que mon corps réagit différement à mes vêtements.
Bien sûr j’ai l’inquiétude de me dire que c’est transitoire, que ça va revenir, mais je crois au fond que non, car vraiment c’est la première fois que je vis ça, un rapport appaisé, sain à la nourriture. Qui me permet de manger avec gourmandise, mais que pour la première fois, arrêter de manger n’est pas un effort mais quelque chose de naturel.
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Et évidemment, du coup, après déjà 1 mois et demi de traitement, et donc un mois à manger sans effort des portions adaptées à un adulte, je sens que j’ai perdu du volume et du poids. Je me tiens loin de la balance que je rejette toujours, mais je sens bien que mon corps réagit différement à mes vêtements.
Bien sûr j’ai l’inquiétude de me dire que c’est transitoire, que ça va revenir, mais je crois au fond que non, car vraiment c’est la première fois que je vis ça, un rapport appaisé, sain à la nourriture. Qui me permet de manger avec gourmandise, mais que pour la première fois, arrêter de manger n’est pas un effort mais quelque chose de naturel.
Autre effet. Étonnament, et c’est positif, l’anxiété généralisée et le bruit de fond ayant baissé drastiquement, je ressens plus intensément les pointes aigües d’anxiété quand il y a des choses stressantes dans ma vie. Mais j’imagine que c’est le lot de tout·e un·e chacun·e.
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Autre effet. Étonnament, et c’est positif, l’anxiété généralisée et le bruit de fond ayant baissé drastiquement, je ressens plus intensément les pointes aigües d’anxiété quand il y a des choses stressantes dans ma vie. Mais j’imagine que c’est le lot de tout·e un·e chacun·e.
La conclusion de tout ça… Je me suis toujours considéré comme déconstruit et moderne sur ces questions, de santé mentale, de neuroatypie, et de poids. Je voyais une psychologue depuis des années. J’ai toujours dit que pour moi la dépression, comme d’autres troubles, était une maladie au même titre que les autres, qui avaient des origines et des manifestations biologiques.
Mais j’avais des symptômes de maladie et pourtant je n’ai pas été consulter un toubib comme je l’aurais fait pour d’autres symptômes de maladies de mon corps. Pourquoi ? Peur de trop m’écouter, de l’hypochondrie ? Négligence ?
C’était une erreur. Faites mieux que moi.
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La conclusion de tout ça… Je me suis toujours considéré comme déconstruit et moderne sur ces questions, de santé mentale, de neuroatypie, et de poids. Je voyais une psychologue depuis des années. J’ai toujours dit que pour moi la dépression, comme d’autres troubles, était une maladie au même titre que les autres, qui avaient des origines et des manifestations biologiques.
Mais j’avais des symptômes de maladie et pourtant je n’ai pas été consulter un toubib comme je l’aurais fait pour d’autres symptômes de maladies de mon corps. Pourquoi ? Peur de trop m’écouter, de l’hypochondrie ? Négligence ?
C’était une erreur. Faites mieux que moi.
@Florck Merci d'avoir partagé ton expérience avec nous, tu n'imagines pas à quel point c'est précieux de te lire.
Et je suis tellement contente que tu aies trouvé quelque chose qui t'aide à te sentir mieux
️.